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de l'Unité Pastorale saint-Michel
18
Avr

Restauration de la cloche n°2 de Maillane

Petit historique à l’occasion de la restauration des trois cloches actuelles, et en particulier celle dite « La Daiano ».

Fonctions des cloches :

Actuellement, indiquer l’heure, sonner l’Angélus, signaler le début des offices religieux.

Autrefois elles annonçaient les incendies, et au XVIIe siècle, on les faisait sonner lors des risques d’orages de grêle.

Les cloches de Maillane :

La cloche la plus ancienne dont on ait encore une trace est celle qui se trouvait sur la chapelle Saint-André, située à l’est du village. Lors de fouilles récentes, il a été retrouvé, près des fondations de cette chapelle, un four à cloche, avec un fragment du moule.

Lors de la Révolution, en 1792, deux des trois cloches de l’église furent transportées au district de Tarascon, pour être fondues.

La dernière cloche installée dans le clocher de l’église de Maillane le fut en mars1914.

En ce temps-là il n’y avait que deux cloches : elles avaient été installées en novembre 1855, après le miracle de 1854. Il s’agit de la cloche « Notre-Dame de Grâce« , pesant 1228 kilos et de la cloche « Notre-Dame d’Espérance« , de seulement 373 kilos. Ces deux cloches provenaient des ateliers de fonderie Perre Pierron, d’Avignon. Ces deux cloches sont toujours en place dans le clocher.

La Daiano :

La cloche la plus récente, »la Daiano » fut bénie le jeudi 19 mars 1914, jour de la saint Joseph. Elle pèse 541 kilos et provient de la maison Paccard, d’Annecy. Elle donne le sol dièse ce qui avec les deux autres cloches correspond à l’accord parfait.

Son nom lui vient de son donateur, Gabriel Daillan, La famille Daillan était liée d’amitié avec Frédéric Mistral, et ce dernier composa les vers suivants qui furent gravés sur la cloche :


Campano, voues de Diéu, à nòstis alegresso Apounde ti trignoun E pietadousamen, sus nòstis amaresso Escampo ti plagnoun. E longo-mai, Daiano, Campanejo à Maiano, Pèr rejouï lou cor E nous teni d’acord.
Traduction de F. Mistral : O cloche, voix de Dieu, à nos allégresses mêle tes sonneries ! et, pleine de pitié, sur nos amertumes épanche tes plaintes ! et longuement, Daillane, carillonne à Maillane, pour réjouir le cœur et nous tenir unis !

Mistral voulut assister au travail du sculpteur. Il resta plusieurs heures dans l’église non chauffée. En sortant, il fit cette remarque : « Me sarai aganta… » (j’aurai pris froid…). Quelques jours plus tard, le 25 mars, il décéda.

Un des premiers glas que sonna la « Daiano » fut donc pour annoncer la mort du poète maillanais.

La plaquette de l’abbé Joseph Mascle :

Pour la cérémonie du baptême de la « Daiano », l’abbé Joseph Mascle, originaire d »Eyragues, vint faire l’allocution en langue provençale. Elle fut appréciée et imprimée quelques semaines plus tard, à l’imprimerie Makaire d’Aix, sous le titre : Lou Cant de la Campano.